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Politique

Said Sadi évoque un « coup d’Etat blanc » et critique l’opération anti-corruption en cours

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Said Sadi revient sur la situation politique du pays en évoquant un coup d’Etat blanc dans un texte intitulé Constitution : serpillière et étendard de la tyrannie publié sur sa page Facebook. « Faudrait-il en arriver à regretter Bouteflika ? Grotesque sinon provocatrice, la question vient s’ajouter aux tourments de l’actualité ! Le fait est qu’en l’état actuel des choses, les propositions confessées par l’ancien chef d’Etat – juste avant d’être éjecté par son fidèle chef d’état-major, lui même pressé par la rue – sont nettement moins contraignantes que l’entonnoir politique dans lequel ce dernier cherche à engager la nation », tranche l’ancien président du RCD.

« Le chef d’état-major, désormais président de fait, exige de tout un chacun de se soumettre à un dictat intangible : les instances de l’ancien régime doivent organiser les élections présidentielles « dans les meilleurs délais ». Autant dire que dans ces conditions les appels au dialogue, signifient que le système décrié par des millions d’Algériens depuis maintenant deux mois et demi a de beaux jours devant lui », poursuit-il.

« On aurait toutes les raisons de douter de la disponibilité de Bouteflika à respecter les engagements qu’il a pris s’il avait pu sauver son trône. Mais pour un militaire, dire une chose et son contraire dans la même intervention n’est pas la meilleure façon de ménager une crédibilité déjà sujette à caution », lâche Said Sadi. Pour lui, « on ne peut pas prétendre avoir entendu le peuple et se présenter en tenue léopard chaque mardi pour lire, à partir des quartiers généraux des différentes régions militaires, une fetwa annonçant le maintien des appareils et des pratiques d’un système qui a soulevé le rejet unanime des Algériens ».

« L’homme qui répète à l’envie ne pas faire de politique dit inscrire ses actes dans le strict respect de la constitution. A la fois serpillière et étendard de l’oligarchie, la loi fondamentale du pays est foulée aux pieds sans état d’âme quand il faut imposer un abus ou satisfaire un caprice. Le même texte est opposé au peuple souverain comme un totem dès qu’il proclame sa volonté d’en finir avec l’un des derniers avatars politiques post- coloniaux », écrit Said Sadi.

« Les allégations qui consistent à justifier un statut de tuteur autoproclamé de la nation par des attributions constitutionnelles qui seraient conférées à l’armée ne reposent sur aucune réalité. Nulle disposition de la constitution ne donne le droit à un chef d’état-major, fut-il vice-ministre de la défense, de dicter ses volontés à la patrie ni, d’ailleurs, d’instruire la justice pour quelque mission que ce soit », assure-t-il.

Said Sadi évoque la nouvelle campagne anti-corruption dans le pays. « Reste la grande fantasia : la lutte anti-corruption par laquelle l’état-major croit faire diversion sur l’exigence de changement tout en justifiant une confiscation du pouvoir qu’il faut bien appeler par son nom : un coup d’Etat blanc », lâche-t-il. Pour lui, « l’artifice n’a rien d’inédit ». L’ancien président du RCD rappelle l’exemple de l’Egypte. « L’empereur égyptien Sissi a fait emprisonner tous ceux dont il suspectait, à tort ou à raison, des velléités de contestation de son hégémonie politique. Qu’en l’occurrence le coup de force se fasse directement ou par procuration ne change rien au problème de l’illégitimité qui frappe ce type d’opération », insiste-t-il.

Selon lui, « personne ne peut croire que l’on veut assainir la vie publique quand on laisse en liberté l’homme qui a usé et abusé du sceau de la République. Y a-t-il plus grande forfaiture ? ». « Personne ne peut croire que le choix des listes transmises au parquet par des services relevant exclusivement de l’état-major, est dénué d’arrière-pensées ni qu’il englobera celles et ceux qui sont associés en affaires avec les décideurs ou celles et ceux qui leur sont proches. Personne ne peut croire que la sélection de dossiers qui sont livrés à l’instruction par la sécurité de l’armée viennent d’être subitement découverts », estime-t-il.

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