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Mohcine Belabbas appelle le général Ahmed Gaïd Salah à déposer sa « demande de retraite »
Posted by Admin on 22nd mai 2019
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Mohcine Belabbas est revenu, ce mercredi 22 mai, sur les dernières interventions du vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’armée. « La dernière intervention du chef d’État-major, Ahmed Gaid Salah, sur la situation politique du pays à partir de Ouargla, depuis une caserne de la 4ème Région militaire ne laisse aucun doute sur la volonté du chef de l’Armée de régenter la vie du pays. Elle renseigne aussi sur le peu de cas que font nos dirigeants de l’avenir du pays à court terme », indique d’emblée le président du RCD.

« Bien qu’unanimement rejetée et qu’aucun candidat sérieux n’ait retiré les formulaires et encore moins réussi à collecter les parrainages nécessaires pour faire valider son dossier auprès de ce qui fait office de conseil constitutionnel, le pouvoir de fait s’enfonce dans le déni de réalité pour présenter la présidentielle du 04 juillet comme une échéance qui sortira le pays de l’ornière », ajoute-t-il.

Mohcine Belabbas rappelle que le peuple algérien « n’est pas un homme malade comme l’était le président déchu ». « A coups d’injonctions et menaces, le chef de l’État-major qui s’est octroyé, en violation de la constitution, à la fois, les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire croit pouvoir mettre tout le monde au garde à vous. Le peuple algérien n’est pas un Homme malade comme l’était le chef de l’État déchu pour s’exécuter et céder à la menace maintenant qu’il s’est libéré de la peur d’un système politique inique », assure-t-il.

« C’est parce que l’Algérie a vécu depuis l’indépendance dans un véritable déni constitutionnel avec près de 18 ans de suspension de la constitution, notamment entre 1965 et 1976 et 1991/1996, qu’elle a besoin d’une période de transition constituante pour en finir avec les crises cycliques qui ont hypothéqué et hypothèquent encore son avenir », poursuit le président du RCD.

Ce dernier revient sur la nécessite pour le mouvement populaire d’avoir des représentants évoquée par le chef d’état-major. « Vous enjoignez au Hirak de dégager de vrais représentants pour dialoguer. Mais avec qui ? Que représentent aujourd’hui ceux qui commandent le pays ? Vous avez été choisi par le chef de l’État déchu comme vice-ministre de la défense et comme chef de l’état-major de l’Armée. Le chef de l’État intérimaire est désigné lui aussi par le chef de l’Etat déchu comme sénateur du tiers présidentiel et président du sénat. La majorité parlementaire est issue des fraudes organisées par l‘actuel premier ministre. En vérité, seule une autorité ayant l’assentiment du Hirak a la légitimité de conduire le pays vers un Etat de droit », écrit-il.

Mohcine Belabbas répond au général Ahmed Gaïd Salah concernant la revendication portant sur le départ de toutes les figures du système en place. « Vous qualifiez les revendications du Hirak de surréalistes et pour ce faire vous jouez la confusion en tentant de faire croire que l’exigence du départ collectif concernerait tous les cadres de l’État alors que le peuple ne demande que le départ de toutes les figures du pouvoir exécutif et des organes de pouvoir (conseil constitutionnel…). Vous savez pourtant que les vrais cadres de l’Etat sont justement marginalisés par le pouvoir du chef d’Etat déchu », précise-t-ul.

« Alors vous faites la leçon sur « l’absence flagrante des personnalités nationales, des élites et des compétences nationales face aux événements et évolutions accélérés que connait notre pays et qui requièrent des propositions constructives à même de rapprocher les points de vue divergents ». Les élites et les compétences, c’est le système que vous représentez aujourd’hui qui les a avilies quand il ne leur a pas fait quitter le pays », assure le président du RCD.

« Vous voulez réhabiliter la compétence et redonner sa place à l’élite ? Vous voulez remettre de la confiance dans l’économie nationale ? Vous voulez rendre un dernier service à l’armée nationale et à l‘Algérie ? Alors déposez votre demande de retraite, vous et tous ceux qui comme vous ont vieilli dans les postes de commandement et les centres de décisions politiques. Car vous le savez certainement. Il y a des cadres militaires et politiques intègres et compétents dans la génération que vous avez de tous temps marginalisée et exclue. Laissez-les prendre les choses en main et vous verrez ce que vaut réellement l’algérien », conclut-il.