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Politique

Khaled Drareni à l’issue de son procès en appel : « Monsieur le juge, je suis journaliste. Je ne suis pas un criminel »

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Le procès en appel du journaliste Khaled Drareni, de l’activiste politique Samir Benlarbi et du militant Slimane Hamitouche s’est tenu, dans l’après-midi d’hier mardi, à la 10e chambre de la cour d’Alger. À la salle d’audience, de nombreux avocats et quelques journalistes seulement ont pu y accéder pour la couverture. Le moudjahid Lakhdar Bouregaa et quelques proches étaient également présents.

Les trois co-accusés ont été appelés à la barre peu après 14 heures. Très amaigri, le journaliste Khaled Drareni, en détention depuis plus de cinq mois, est cette fois-ci présent à l’audience. C’est le dernier à être interrogé par le magistrat. « Depuis le premier jour, je n’ai fait que mon travail de journaliste. Je suis là parce que j’ai couvert le Hirak en toute indépendance », affirme d’emblée Khaled Drareni entouré par  ses avocats.

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Un « prétexte »

Le journaliste poursuivi pour « incitation à attroupement non-armé » et « atteinte à l’unité nationale », est interrogé sur la manifestation du 7 mars lors de laquelle il a été arrêté, sur ses publications sur les réseaux sociaux dont les slogans des manifestations du Hirak et sur sa collaboration avec des médias étrangers sans accréditation. Il souligne avoir également couvert des manifestations hostiles au Hirak avant de revenir la question relative à l’accréditation.

« Cette question d’accréditation est un prétexte pour mettre un journaliste en prison parce qu’il a couvert le Hirak avec professionnalisme et en toute transparence », avance-t-il. « On me reproche de travailler pour une chaîne de télévision étrangère, j’ai également travaillé pour Echourrouk news », poursuit Khaled Drareni qui rappelle que cette chaîne n’était pas accréditée et qu’elle employait des dizaines de journalistes.

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Le métier de journaliste

Durant l’audience, le journaliste a expliqué qu’il travaillait avec des médias algériens et collaborait notamment avec la chaîne de télévision TV5 Monde. Khaled Drareni a rappelé la nécessité pour un journaliste de protéger ses sources. « Est-ce que l’exercice du travail de journaliste est une atteinte à l’unité nationale ? », s’est-il demandé. « On peut revoir toutes mes interventions pour voir s’il y avait une atteinte à l’unité nationale, de l’insulte à l’encontre des autorités, je relatais les faits », a-t-il plaidé.

Le procureur général prend la parole et annonce que le parquet maintient le réquisitoire prononcé lors du procès en première instance : quatre ans de prison ferme et 500.000 dinars d’amende. Une quarantaine d’avocats se sont succédé pour plaider. Le procès en appel s’est terminé peu après 22 heures. Avant de lever l’audience, le juge a donné la parole aux trois co-accusés pour un dernier mot.

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« Khaled Drareni, sahafi hor! »

« Monsieur le juge, je suis journaliste. Je ne suis pas un criminel. Le journalisme que je pratique ne menace pas la sécurité du pays mais au contraire, il la protège », a-t-il lancé avec de quitter la salle d’audience. À l’extérieur, des journalistes, des avocats et des militants scandaient : « Khaled Drareni, sahafi hor ! ». Leur rassemblement a pris fin après le départ du fourgon cellulaire vers la prison de Koléa.

Khaled Drareni a été arrêté le 7 mars dernier alors qu’il couvrait une manifestation populaire du Hirak. Il a été présenté devant la justice à l’issue d’une garde à vue de trois jours. Il a été placé, dans un premier temps, sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction. Le 25 mars, le chambre d’accusation de la cour d’Alger l’a placé sous mandat de dépôt.

Le 2 juillet dernier, ses co-accusés, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, ont été remis en liberté provisoire. Le journaliste a été maintenu en détention. Le 3 août dernier, son procès s’est tenu au tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Le verdict est tombé le 10 août. Le journaliste Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison ferme. Sa condamnation a suscité le choc et une grande vague d’indignation en Algérie et ailleurs à travers le monde.

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