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Société

ENTRETIEN – Mohamed Bekkat Berkani : « il ne faut pas semer le trouble au sein de la population »

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Président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Dr Mohamed Bekkat Berkani revient sur l’annonce du premier cas de coronavirus en Algérie. Dans cet entretien, il appelle notamment à la mise en place d’une agence de veille sanitaire pour faire face à ce genre d’épidémie. 

 

l-info.com : Un premier cas de coronavirus a été annoncé en Algérie hier mardi. Faut-il s’inquiéter?

Dr Mohamed Bekkat Berkani : Le ministère de la Santé a joué la transparence. Dès que le diagnostic a été fait, le ministre de la Santé s’est exprimé au journal télévisé de 20 heures pour dire qu’il s’agit d’un ressortissant italien et pour donner d’autres détails. Aujourd’hui, le directeur général de la prévention s’est exprimé à la radio et a donné d’autres éléments et précisions concernant le cas et les mesures prises par le ministère de la Santé depuis longtemps. C’est-à-dire la surveillance des frontières, accompagnée par des mesures de détection de températures qui sont plus au moins efficaces. Il ne faut pas jeter la suspicion et semer le trouble au sein de la population.

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Le ressortissant italien est arrivé le 17 février et le diagnostic a été fait hier mardi 25 février. Comment expliquez-vous cela?

En réalité, aucun aéroport au monde n’est « étanche ».Et aucun système ne peut détecter le coronavirus. Seule la prise de sang peut confirmer la contamination. Vous n’allez pas faire une prise de sang à tous les passagers qui arrivent sur le sol algérien ! En Italie, l’enquête de traçabilité est toujours en cours. Dans ce pays, on ne sait même pas qui a ramené le coronavirus dans le nord. Pour nous, on aurait toutefois gagner à avoir plus de traçabilité. Dans certains pays, un voyageur doit remplir une fiche sanitaire et la remettre à la police des frontières afin qu’il puisse être identifié. Dans cette fiche, il donne son adresse, son e-mail et il répond à certaines questions sur son état de santé.

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Faut-il s’attendre à l’apparition d’autres cas de coronavirus dans le pays?

Il est difficile de répondre à cette question. Je dirais que ce n’est pas impossible. Même si on a atteint le pic de l’épidémie à l’épicentre, c’est-à-dire en Chine, l’apparition d’autres cas n’est pas exclue au vu de l’extension européenne et au Moyen Orient. C’est pour cela qu’il faut notamment surveiller les départs et les retours de la Omra et du Hadj.

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Faut-il suspendre les vols vers certains pays et annuler la Omra?

Il n’y a pas de destination qui ne soit pas concernée. En Europe, la France par exemple a décidé de ne pas fermer ses frontières. Il y a un grand match prévu à Lyon qui n’a pas été annulé. On s’attend à l’arrivée de 2.500 supporteurs italiens de Turin. Pour nous, si jamais un cas serait déclaré à la Mecque, il faut que les autorités algériennes puissent bien sûr prendre les dispositions nécessaires. C’est-à-dire interdire la Omra en attendant des résultats positives. La saison du Hadj est encore loin. Nous espérons les l’épidémie disparaisse avant son avènement.

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Que préconisez-vous?

Il faut être vigilant et faire une enquête de traçabilité concernant le premier cas pour tirer les conclusions. Il faut mettre en place un certain nombre de précautions à l’entrée des aéroports internationaux, ne serait ce que recenser les voyageurs et leur demander de remplir des fiches sanitaires. Il faut que les autorités mettent en place une agence de veille sanitaire. Elle est plus qu’utile et nécessaire. C’est son rôle de lutter contre ces maladies émergentes ou ré-émergentes. Enfin, il ne faut pas céder à la panique et se rappeler qu’on est en plein épidémie de grippe.

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