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Société

ENTRETIEN – Lyes Merabet : « nous avons pratiquement 50% du personnel de santé qui n’a pas pu accéder aux structures » à Blida

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Le Dr Lyes Merabet est président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP). Dans cet entretien, ce médecin qui exerce au sein d’un établissement de santé publique de proximité (EPSP) de Larbaâ à Blida revient sur le premier jour de confinement total dans cette wilaya. 

 

Le président Tebboune a pris des mesures supplémentaires à l’issue de la réunion du haut conseil de sécurité dont le confinement total à Blida. Comment jugez-vous ces nouvelles dispositions ?

Elles sont obligatoires mais insuffisantes. Nous avons parlé d’un confinement général qui ne peut pas concerner uniquement la wilaya de Blida. De mon point de vue, il faudrait que ça soit élargi à d’autres wilayas où nous avons des cas. Nous sommes en phase trois. C’est-à-dire que nous sommes en phase de diffusion active du virus et de cette épidémie. Le confinement général est la solution. Évidemment, son application peut être graduée pour les régions et les foyers de diffusion de l’épidémie et ailleurs. Et il faudrait mettre en place les conditions de la réussite de ce confinement.

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Quelles sont ces conditions de réussite de ce confinement ?

D’abord, il faut penser au déplacement et donc à la disponibilité des professionnels de la santé parce que ce sont eux qui sont au front. Ils doivent circuler librement et accéder aux structures de santé et rentrer chez eux ou pas. Dans certains établissements à Blida, ces professionnels sont en contact permanent avec des malades hospitalisés. On doit penser à un confinement sanitaire pour ces professionnels. C’est-à-dire, les mettre dans des endroits réquisitionnés comme des hôtels ou des structures adaptées où ils disposent de toutes les commodités afin de les dissuader de rentrer chez eux. C’est ce qui a été fait dans d’autres pays.

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Comment se passe le premier jour de confinement à Blida ?

Nous avons un taux d’absentéisme extraordinaire (des professionnels de la santé). Nous avons pratiquement 50% du personnel de santé n’a pas pu accéder aux structures (dans la matinée, NDLR). Au niveau des barrages, une instruction a été donnée aux services de sécurité de ne pas laisser passer les personnes sauf celles qui disposent d’une autorisation spéciale ou d’un laisser-passer. Chose qui n’est pas disponible à notre niveau. Cela n’a pas été fait jusqu’à présent.

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Donc un médecin ne peut pas circuler librement avec sa carte professionnelle?

Même avec la carte professionnelle, il  est interdit d’accès. Au niveau des barrages, on n’a pas reçu l’instruction (de laisser passer les professionnels de la santé qui présenteraient leurs cartes professionnelle) jusqu’à maintenant. Même à l’intérieur de la wilaya,  c’est organisé en zones. Les restrictions sont plus sévères lorsqu’on se rapproche de la ville de Blida et de ses alentours. Il faut savoir qu’il y a des médecins qui travaillent à Blida et vivent à Alger. Comme il y a des médecins qui vivent à Blida et travaillent à Alger. Beaucoup des chefs de service, des médecins, des paramédicaux qui travaillent au CHU de Blida par exemple viennent d’Alger. Là où je travaille, la directrice n’a toujours pas pu regagner l’établissement parce qu’elle habite à Alger.

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Est-ce que le confinement pose d’autres problèmes pour les professionnels de la santé ?

Les stations-services sont également fermées. On leur a interdit la distribution de produits. Et il faut une autorisation y compris pour les professionnels de la santé. Nous avons posé ce problème. J’ai contacté personnellement le cabinet du ministre de la Santé. Ce dernier était informé depuis 9 heures lorsqu’on a reçu les appels (des professionnels) qui nous disaient qu’ils étaient coincés au niveau des barrages. Je pense que c’est une urgence qui doit être réglée rapidement. Nous espérons également de régler le problème de transport. Cela a commencé dimanche. Nous avons eut un taux d’absentéisme important qui est de l’ordre de 20 à 25% pour certains établissements. Ce n’est pas tout le monde qui est véhiculé ou qui a un permis de conduire. J’appelle le wali de Blida à écouter ceux qui sont sur le terrain parce qu’ils ont beaucoup de solutions à proposer.

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