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International

En France: l’auteur de la gifle à Macron condamné à 4 mois de prison ferme et 14 avec sursis


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Macron

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La justice française a condamné, ce jeudi 10 juin, à de la prison l’homme qui avait giflé Emmanuel Macron, un incident une nouvelle fois minimisé par le président français qui préfère insister sur l’ambiance d' »optimisme » qu’il dit sentir en France.

L’auteur des faits, Damien Tarel, a été condamné à 18 mois de prison – dont 14 avec sursis – et aussitôt incarcéré pour son geste qui a suscité l’indignation de la classe politique.

Le tribunal a partiellement suivi les réquisitions du parquet. Ce dernier demandait 18 mois ferme et un mandat de dépôt contre l’homme de 28 ans. Ce dernier a reconnu lors de l’audience avoir, deux jours plus tôt, giflé le président de la République lors d’un déplacement dans le sud-est de la France.

Lire aussi : En France, Macron giflé par un homme lors d’un déplacement

« Parfaitement inadmissible »

Jusque-là inconnu des services de la Justice, Damien Tarel a aussi été condamné à une obligation de travail ou de formation et à une interdiction de port d’armes pendant cinq ans.

Cette gifle, « parfaitement inadmissible » est un « acte de violence délibérée », a soutenu le procureur de la République Alex Perrin face à l’accusé, cheveux longs, t-shirt vert et lunettes sur le nez, qui était jugé en comparution immédiate.

M. Perrin s’est inquiété d’un possible risque de récidive. Il a dit percevoir « une sorte de détermination froide » chez cet homme qui s’est dit « investi par les « gilets jaunes » dont la voix n’est plus entendue ».

Un « slogan patriote »

Ce mouvement de protestation contre la politique sociale et fiscale du gouvernement français est né en novembre 2018 et a embrasé la France pendant près d’un an, entre occupations de ronds-points et manifestations parfois violentes.

Damien Tarel a reconnu son ancrage à la droite du spectre politique. Il a assuré que son cri « Montjoie Saint-Denis » prononcé avant sa gifle « fait référence au cri de ralliement historique des chevaliers français. C’est aussi un slogan patriote », a-t-il dit devant le tribunal. Sans emploi et vivant du d’aides sociales, il n’a plus retravaillé depuis la mort de son père, il y a deux ans.

Dans sa plaidoirie, son avocate Elodie Guellier s’est émue du rôle de la presse – « ça fait 48 heures que l’entourage vit un enfer » – et a demandé au tribunal de « relativiser les faits ».

  « Optimisme »

Appelant le tribunal à ce qu’il n’y ait pas « de justice d’exception » ni de justice « pour l’exemple », elle a suggéré, en vain, des travaux d’intérêt général, car l’incarcération « ne l’amènera à rien ».

Emmanuel Macron a de nouveau minimisé cet épisode jeudi. Il a estimé que le pays n’était pas dans une situation de tension comme pendant la crise des « gilets jaunes » et préférant insister sur l’ambiance d' »optimisme » qu’il sent en France.

« Ce que je sens dans le pays, c’est de l’optimisme, c’est une volonté de retrouver la vie, c’est du dynamisme » et « beaucoup de gens veulent travailler à plein » alors que la crise sanitaire s’apaise, a affirmé le président français, après avoir déjeuner avec l’équipe de France de football à la veille de l’Euro.

Un acte « imbécile et violent »

Dans ce contexte, il a indiqué ne pas sentir que « la société soit dans l’état » dans lequel elle se trouvait lors « des moments de très fortes tensions » qu’il a eu à connaître depuis le début du quinquennat comme « la crise des gilets jaunes ».

« Ne faisons pas dire à cet acte imbécile et violent (la gifle) plus qu’il ne faut lui en faire dire ». « Il faut relativiser et ne rien banaliser » mais « ce n’est pas grave de recevoir une gifle quand on va vers une foule », a-t-il ajouté.

Une position partagée par la cheffe du parti d’extrême droite Rassemblement national, Marine Le Pen, qui s’est dite jeudi « d’accord » avec Emmanuel Macron pour considérer que c’était un « acte isolé », produit d’une « bouillie idéologique ». « Ce type de comportement est inadmissible dans une démocratie », a toutefois ajouté la candidate à l’élection présidentielle de 2022.

Interrogé sur sa possible candidature à un second mandat en 2022, Emmanuel Macron a jugé « intempestif » de répondre, en affirmant qu’il le ferait « au bon moment ». « A un moment la question de mon avenir personnel se posera et j’apporterai une réponse en toute franchise », a-t-il promis.

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