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International

Des milliers de Libanais manifestent à Beyrouth pour demander des comptes à leurs dirigeants

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Des milliers de Libanais en colère ont manifesté, ce samedi 8 août, dans le centre de Beyrouth pour demander des comptes à leurs dirigeants qu’ils jugent responsables de la terrible explosion ayant dévasté une partie de la capitale, rapporte l’agence de presse AFP.

Les deux explosions au port de Beyrouth ont fait au moins 158 morts, plus de 5000 blessés tandis qu’une soixantaine de personnes sont toujours portées disparues. Près de 300.000 personnes sont également sans-abri.

L’explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d’ammonium.

A proximité de la place des Martyrs o, épicentre traditionnel des manifestations dans la capitale, Des heurts ont opposé les forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes, à de jeunes Protestataires ripostant avec des pierres. Des manifestants ont pris d’assaut le ministère des Affaires étrangères le proclamant « quartier général de la Révolution », selon des images diffusées en direct par les chaînes de télévision.

La Croix-Rouge libanaise a fait état dans un tweet de 55 personnes blessées pendant la manifestation transportées dans des hôpitaux et 117 autres soignées sur place.

Pour les Libanais déjà éprouvés par une crise économique inédite, l’explosion qui dévasté une partie de la ville, a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l’ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente, mais s’était essoufflé en raison de la pandémie de Covid-19.

« Après trois jours passés à déblayer les décombres et panser nos plaies, il est temps de laisser exploser notre colère et de les sanctionner pour avoir tué des gens », affirme Farès al-Hablabi, 28 ans, cité par l’AFP.

« Nous devons nous dresser contre tout le système (…) le changement doit être à la mesure de l’ampleur de la catastrophe », ajoute ce militant descendu dans la rue dès le déclenchement du soulèvement populaire le 17 octobre 2019.

L’ex-général Sami Rammah a appelé dans un mégaphone au soulèvement et à la poursuite de « tous les corrompus » tandis que des manifestants décrochaient et piétinaient le portrait du président Michel Aoun.

Sur la place des Martyrs le mot d’ordre de milliers de personnes était « Le Jour du jugement ». Des guillotines en bois ont été installées et des protestataires ont brandi des cordes. Le hashtag îPendez-les circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

« Vengeance, vengeance, jusqu’à la chute du régime », ont scandé les manifestants, certains masqués, d’autres portant des drapeaux, alors que les forces de sécurité tentaient d’empêcher certains groupes d’avancer vers le Parlement, selon des correspondants de l’AFP.

Si le mouvement s’est essoufflé au cours des derniers mois, notamment en raison de la pandémie de coronavirus — qui continue de s’aggraver au Liban –, le drame pourrait le relancer de plus belle.

« Nous n’avons plus rien à perdre. Tout le monde doit descendre dans la rue », affirme Hayat Nazer, une militante à l’origine de nombreuses initiatives de solidarité.

Le président Michel Aoun, de plus en plus décrié, a complètement rejeté vendredi une enquête internationale tout en affirmant que l’explosion pourrait avoir été causée par la négligence ou par un missile.

 

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