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Economie

Coronavirus en Algérie – Nouvelles dispositions : des restaurateurs au bord du gouffre

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Les nouvelles mesures annoncées par le Premier ministère pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus dans le pays ont fini par assombrir un peu plus les horizons de certains restaurateurs durement touchés par la crise sanitaire.

Dimanche 15 novembre, le gouvernement a décidé de fermer certains lieux comme les salles de sport de limiter le temps de certaines activités à partir de ce mardi 17 novembre. Il s’agit notamment  des commerces d’appareils électroménagers, de jeux et de jouets.

Sur la liste, figurent également les salons de coiffure pour hommes et pour femmes, les pâtisseries et confiseries, les cafés, fast-foods et restaurants qui devront fermer à 15 heures. Ces derniers doivent aussi  limiter leurs activités « uniquement à la vente à emporter ».

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La nouvelle est tombée comme un couperet sur Salim, propriétaire d’un restaurant au centre-ville d’Alger. En réalité, il la redoutait depuis quelques semaines avec la dégradation des indicateurs de la pandémie en Algérie. Aujourd’hui, le pays a enregistré un nouveau record avec 1002 nouveaux cas en 24 heures.

En mars dernier, ce restaurateur avait fermé les portes de son établissement avant que les autorités annoncent la décision de fermer des restaurants et des cafés. Il a agi par peur face à un virus dont le monde ignorait tout ou presque et aussi par confiance.

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« Je ne vends pas des hamburgers ou des paninis ! »

« J’avais peur pour moi, pour ma famille et pour mes employés et j’étais certain qu’il allait y avoir des aides pour notre secteur comme ailleurs », dit-il. Grâce à sa gestion prudente, Salim a pu faire face aux premiers mois de confinement. « Notre trésorerie le permettait », souligne-t-il.

Ses employés ont reçus les salaires du mois d’avril et celui du mois de mai. Par la suite, ils ont reçu des aides jusqu’à la reprise. En août, la réouverture des restaurants et des cafés avec la baisse du nombre des contaminations avait nourrit ses espoirs malgré les restrictions.

« Il y avait certaines dispositions strictes à respecter comme la distance d’1,5 voire 2 mètres entre les tables. L’établissement gagnait beaucoup moins mais cela nous a au moins permis de récupérer 70% du personnel et de les payer normalement chaque mois », précise-t-il.

Lire aussi : Réouverture des plages, des hôtels et des restaurants en Algérie : communiqué du Premier ministère (texte intégral)

En temps normal, avec ses deux salles, son restaurant pouvait accueillir jusqu’à 60 clients. Avec les dispositions de prévention sanitaire, il pouvait accueillir moins d’une trentaine. « Comment on va faire à présent que nous avons épuisé nos ressources ! », poursuit notre interlocuteur.

« Avec les premiers mois de confinement, on s’attendait à des aides, pas forcément financières. On a attendu », avance-t-il. Peine perdue. Salim a même dû payer des pénalités à la CNAS pour des retards dans le paiement des cotisations. « On a continué à payer normalement nos impôts », ajoute-t-il.

Imposer à un restaurant comme le sien de faire de la vente à emporter équivaut presque à une fermeture. « Qui va acheter un filet de bœuf à la sauce au poivre ou une entrecôte à emporter ? Franchement, dites-nous ? Je ne vends pas des hamburgers ou des paninis ! Et je déclare mes employés ! », lâche-t-il.

Même consternation chez Hassan dont le restaurant se trouve également au centre-ville de la capitale. Son établissement propose essentiellement des grillades. « Qui va acheter de la viande grillée à emporter au temps du coronavirus ? Nos clients viennent ici pour manger sur place », s’interroge-t-il.

A la réouverture intervenue après près de cinq mois de fermeture, son établissement a perdu 50% de son chiffre d’affaires. Ses dix employés n’ont reçu aucune aide. « J’ai une masse salariale de 600.000 dinars. Je n’ai pas versé les salaires normalement durant le confinement mais je les ai aidés durant cette période », précise-t-il.

Son restaurant près de la gare routière est fermé depuis plus de huit mois. Hassan a également un restaurant à Paris qui est fermé depuis plusieurs semaines. Mais pour cet établissement, les choses sont plus simples. « Les salaires sont pris en charge. Mes employés là-bas bénéficient du dispositif du chômage partiel », dit-il.

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