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Société

Coronavirus : comment les Algériens ont-ils célébré l’Aïd El Fitr?

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Mosquées fermées, circulation automobile interdite, visites familiales et retrouvailles quasi impossibles… Hier dimanche, les Algériens ont célébré la fête de l’Aïd dans des circonstances exceptionnelles avec un confinement à partir de 13 heures imposé par les autorités pour faire face à la propagation du coronavirus dans le pays.

« Comme chaque année, je n’ai pratiquement pas dormi la veille pour terminer le ménage. Le lendemain, j’ai posé les plateaux de gâteaux sur la table basse pour les photos ! Je me suis habillée, coiffée et je maquillée comme d’habitude avant de prendre mon café. Cela a fait rire mon mari. Beaucoup ! », sourit Selma, cadre d’une entreprise publique.

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« Vu le confinement, il était évident qu’on n’allait recevoir personne. Et même s’il n’y avait pas de confinement à partir de 13 heures, on ne comptait pas sortir pour aller voir la famille vu les circonstances. Mais j’ai essayé de créer une ambiance pour marquer cette journée. Pour sentir vraiment que c’est l’Aïd », poursuit-elle.

Selma et son mari ont appelé leurs parents au téléphone pour échanger les vœux. « Mais à part le fait qu’on ne puisse pas voir nos proches, je n’ai pas ressenti un très grand changement. L’Aïd, ce n’est plus comme avant notamment dans les grandes villes et avec les nouvelles technologies », estime la jeune femme.

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La soixantaine bien entamée, Djezia n’a jamais vu sa maison aussi vide le jour de l’Aïd El Fitr. Son mari a effectué, pour la première fois depuis plusieurs dizaines d’années, la prière de l’Aïd à la maison au lieu de la mosquée. Elle s’est levée tôt avec sa fille pour préparer le couscous avant de prendre son téléphone et appeler ses proches.

« Avec le temps, je me suis habituée à ne pas avoir tous mes enfants autour de moi le jour de l’Aïd vu que certains habitent à l’étranger. Mais d’habitude, il y a mes belles sœurs, mes beaux frères, les cousins et certains voisins qui passent pour nous souhaiter une bonne fête. Certains partagent avec nous le repas, d’autres le café », relate-t-elle.

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Cette fois-ci, ils ont déjeuné seuls et se sont contentés de quelques appels vidéos. Elle, son mari et sa fille sont confinés depuis près de deux mois. « On sait que c’est absolument nécessaire face à cette épidémie mais ça perturbe beaucoup », poursuit notre interlocutrice. Pour les Algériens vivant en dehors du pays, ce n’était pas la même frustration.

« Contrairement au ramadan, je n’ai pas ressenti un grand bouleversement pour l’Aïd. Je le passe depuis plusieurs années en France. Je me réveille le matin, je prépare mes trois enfants. Je leur mets leurs nouveaux habits. J’appelle ma famille », relate Assia.

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« Je leur donne ensuite leurs jouets et je m’occupe du repas, un couscous. Hier, j’avais même prévu de les emmener au parc mais j’étais très fatiguée. On a passé l’après-midi devant la télévision et au téléphone », résume cette jeune maman. Contrairement à elle, Amine, 37 ans, l’a pas seul dans sa maison.

Il comptait rentrer en Algérie pour passer le ramadan avec ses parents. L’épidémie a complètement chamboulé ses plans. Il était obligé de rester sur place. « Je n’ai jamais ressenti la distance et la solitude comme cette année alors que je vis en France depuis plus de dix ans. J’ai déjà passé le ramadan ici mais jamais dans ces conditions », assure-t-il.

« Il m’arrivait de partir au restaurant avec des amis ou d’organiser avec eux des ftours. Retrouver les amis rend les choses plus supportables », témoigne-t-il. Cette année, il a passé le mois sacré enfermé chez lui. « J’ai profité pour lire le Coran et faire du sport. C’était vraiment difficile. Mais on n’a pas le choix », convient Amine.

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