PUBLICITE


 
Politique

Condamnation de Khaled Drareni : les experts de l’ONU condamnent et se disent « alarmés par l’ampleur de la répression »

Si vous trouver cet article intéressant, envoyez le à votre ami !

Les experts des droits de l’homme de l’ONU* dont le rapporteur spécial  sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression ont condamné, ce mercredi 16 septembre, la peine de prison prononcée en appel à l’encontre d’un journaliste et défenseur des droits de l’Homme algérien, Khaled Drareni. Ce dernier est « devenu un symbole de la liberté de la presse dans ce pays d’Afrique du Nord », assurent-ils dans un communiqué.

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette peine de deux ans de prison infligée à un journaliste qui ne faisait que son travail, et nous appelons les autorités algériennes à l’annuler et à libérer M. Drareni » ont déclaré les experts. « M. Drareni, 40 ans, avait été condamné en août à trois ans de prison pour avoir filmé des policiers attaquant des manifestants à Alger, sur la base d’accusations officiellement qualifiées « d’incitation à un rassemblement illégal et de mise en danger de l’unité nationale » », affirment les experts de l’ONU.

Lire aussi : Pétition pour la libération du journaliste Khaled Drareni (premiers signataires)

« Bien que la réduction de la peine de deux ans ait été confirmée hier, « elle est encore grossièrement inappropriée car les accusations portées contre lui constituent une violation flagrante de la liberté d’expression, de la réunion pacifique et d’association », indiquent les experts qui appellent « les autorités algériennes à annuler la sentence et à libérer Drareni de prison ».

« La manifestation qu’il a filmée faisait partie du mouvement de protestation Hirak qui a débuté en février 2019 et s’est poursuivi pendant plus d’un an, même après avoir atteint son objectif initial : la destitution du président de longue date Abdelaziz Bouteflika. Les manifestations sont passées de la rue à internet en raison de la pandémie de COVID-19 », rappellent-ils.

Lire aussi : Le journaliste Khaled Drareni condamné à deux ans de prison ferme

« Alarmés par l’ampleur de la répression »

Les experts des droits de l’homme de l’ONU « ont également critiqué les mesures juridiques et judiciaires visant à restreindre la liberté de la presse en Algérie, et ont appelé à la libération de tous les militants politiques et défenseurs des droits de l’homme ».

« Nous sommes très alarmés par l’ampleur de la répression de la dissidence en Algérie », lancent-ils. Et d’aujouter : « les organisations de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes sont de plus en plus surveillés et harcelés dans l’exercice de leur travail légitime ».

Les experts de l’ONU rappellent également que le droit international qui protège « toute personne qui surveille une assemblée » qu’il s’agisse « d’un journaliste, membre d’une institution nationale des droits de l’Homme ou d’un simple citoyen », ont déclaré les experts. « Il est inacceptable d’arrêter quiconque – surtout un journaliste – pour la simple diffusion d’une vidéo qui montre les forces de sécurité en train d’utiliser la violence contre les manifestants ».

Lire aussi : Affaire du journaliste Khaled Drareni : l’appel d’Amnesty international au président Tebboune

Pour eux, les « autorités algériennes utilisent de plus en plus les lois sur la sécurité nationale pour poursuivre les personnes qui exercent leurs droits aux libertés d’opinion et d’expression, et de réunion pacifique et d’association ».

Ces rapporteurs de l’ONU « ont également exprimé leur inquiétude quant aux lois restrictives, dont un projet (n°20-06 d’avril 2020) actuellement devant le Parlement, qui criminaliserait la diffusion de fausses nouvelles et le financement de toute association susceptible de porter atteinte à l’État ou aux intérêts fondamentaux de l’Algérie ».

Lire aussi : Khaled Drareni à l’issue de son procès en appel : « Monsieur le juge, je suis journaliste. Je ne suis pas un criminel »

« Nous demandons instamment au gouvernement de mettre fin à l’arrestation et à la détention d’activistes politiques, d’avocats, de journalistes et de défenseurs des droits de l’Homme, ainsi que de toute personne qui exprime sa dissidence ou sa critique du gouvernement », insistent les experts. « Drareni, et tous les autres qui sont actuellement en prison, ou qui attendent d’être jugés simplement pour avoir fait leur travail et défendu les droits de l’Homme, doivent être immédiatement libérés et protégés », concluent-ils.

 

(*) Les experts: Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, Irene Khan, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Mary Lawlor, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, les membres du groupe de travail sur la détention arbitraire, Leigh Toomey (Présidente),  Elina Steinerte (Vice-présidente), José Guevara Bermúdez, Seong-Phil Hong, Sètondji Adjovi

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'actualités