Karim Tabbou a pris part, ce vendredi 31 mai, aux manifestations dans la capitale. Au cours de la marche, il a été interpellé par l’un des enfants de Nabil Asfirane. Ce dernier a été victime d’une crise cardiaque alors qu’il manifestait lors du 14e vendredi du mouvement populaire.

Kamel Eddine Fekhar sera enterré, dans l’après-midi du samedi 1er juin, au cimetière ibadite d’El Alia à Alger à 14 heures, selon son avocat Me Salah Dabouz. La dépouille du militant des droits de l’homme sera exposé vers midi pour un moment de recueillement qui aura également lieu à El Alia, selon la même source.

Kamel Eddine Fekhar est décédé mardi 28 mai à l’hôpital Frantz Fanon de Blida suite à une longue grève de la faim observée pour protester contre son incarcération le 31 mars dernier.

Les groupes de manifestants commencent à affluer vers le centre-ville d’Alger pour ce quinzième vendredi de mobilisation contre le système en place.

Certains manifestants ont rendu hommage à Kamel Eddine Fekhar, notamment à travers les pancartes. Le militant des droits de l’homme est décédé suite à une grève de la faim. Une minute de silence a été observée.

« Djeich chaab, khawa khawa (L’armée et le peuple sont des frères) », « Doula madaniya machi askariya (Un Etat civil et non militaire) », « y a lil aar, y a lil aar, isaaba katlat Fekhar (Quelle honte, quelle honte, la bande a tué Fekhar », scandent les manifestants dans la capitale.

 

« يا للعار يا للعار الدولة قتلت فخار «
« Quelle honte l’Etat à tué Fekhar » pic.twitter.com/8Spef3CY4c

— Khaled Drareni (@khaleddrareni) 31 mai 2019

Les Algériens ont marché pour la quatrième fois depuis le début du mois du ramadan et pour la quinzième fois depuis l’avènement du mouvement populaire contre le système en place le 22 février dernier.

Plusieurs personnes ont pris part, dans la soirée de ce jeudi 30 mai, à l’hommage organisé par un groupe de citoyens à la Grande poste à Kamel Eddine Fekhar et aux trois personnes décédées lors des manifestations depuis l’avènement du mouvement.

Lors de cet hommage, l’avocat et militant des droits de l’homme, Me Saleh Dabouz, est revenu sur l’affaire de Kamel Eddine Fekhar et sur la situation politique du pays.

Brahim Hadj Aouf, co-détenu de Kamel Eddine Fekhar, a été libéré, ce jeudi 30 mai, de la prison, selon son avocat Me Salah Dabouz.
Kamel Eddine Fekhar a été arrêté le 31 mars dernier. Il avait entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention avant de décéder le 28 mai à l’hôpital Frantz Fanon de Blida.

Un détachement de l’Armée nationale populaire a découvert, ce jeudi 30 mai, près de la bande frontalière au Secteur Opérationnel Nord-est d’In-Amenas, une cache d’armes et de munitions, a annoncé le ministère de la Défense nationale dans un communiqué.

Cette cache d’armes et de munitions contenait : « (01) Lance-roquettes RPG-7, (03) Obus pour lance-roquettes RPG-7 ; (03) Pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov ; ainsi que trois (03) chargeurs et quantité de munitions », selon la même source.

« Cette opération réitère, encore une fois, la grande vigilance et la ferme détermination des Forces de l’Armée Nationale Populaire mobilisées le long de nos frontières, à préserver la sécurité de notre territoire national et mettre en échec toute tentative de déstabiliser la sécurité du pays », conclut-elle.

Issad Rebrab a comparu, dans la matinée de ce jeudi 30 mai, par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed à Alger, selon Ennahar. Le PDG de Cevital a été entendu pour la deuxième fois concernant l’affaire de surfacturation. L’homme d’affaires a présenté des preuves démontrant son innocence, assure la même source.

Issad Rebrab a été placé sous mandat de dépôt, tard dans la nuit du lundi 22 avril, par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. L’homme d’affaires a été entendu dans le cadre du « litige avec les douanes concernant l’importation des machines Evcon »

Après 14 vendredis de manifestations grandioses, sans compter les très nombreuses et remarquables mobilisations des étudiants et des membres de différentes professions dans la capitale mais aussi dans la majorité des villes, y compris à l’étranger, les Algériens ont imposé au pouvoir les premiers changements qui pourraient déboucher sur une nouvelle République.

Ainsi, nos concitoyens manifestent en masse tous les vendredis pour exprimer clairement :
– Leur refus de l’actuel régime politique et le système qui le sous-tend,
– Leur détermination à mettre en place un Etat de droit démocratique.

Cette « révolution du sourire » se réalise pacifiquement.
Il s’agit maintenant d’aborder concrètement la phase transitoire qui mènera le pays vers les grandes réformes.
Dès le 10 Mars, Jil Jadid avait préconisé une phase intermédiaire pour passer d’un régime politique à un autre. Toute la conception politique de cette phase a été réalisée en fonction de deux objectifs : le démantèlement du régime actuel et le retour à des élections démocratiques respectueuses des choix du peuple souverain.

L’application stricto sensu de l’article 102 de la Constitution constituait un verrou pour maintenir l’ancien système et qu’il fallait absolument lever.

Grâce à une mobilisation exceptionnelle du mouvement populaire, cet objectif stratégique a été atteint.
La pression a, par ailleurs, été si puissante, que le démantèlement du système Bouteflika a été mis en chantier. Les multiples dossiers judiciaires concernant les plus hauts responsables ainsi que les milieux d’affaires liés au précédent pouvoir ont été ouverts.

Avec l’annulation des élections présidentielles du 4 Juillet qui est certaine, le pays vient de basculer dans l’après régime de Bouteflika. Maintenant, tout peut advenir, le bon, comme le mauvais.

C’est là où le rôle d’une classe politique consciente des enjeux doit intervenir.

Emporté par la dynamique de la rue, une partie de l’opposition exige la victoire totale en un laps de temps très court. Une attitude radicale et impatiente peut cependant déstabiliser, cette fois-ci, l’Etat lui-même. Or, aucun Algérien ne souhaite faire subir au pays les dramatiques conséquences d’un chaos général.

L’institution militaire, qui s’est retrouvée au centre des rapports de force politique, subit de multiples pressions. La peur du changement, bien qu’inévitable, est probablement sa plus grande motivation à vouloir contrôler le processus de sortie de crise.

Après avoir tenté vainement de contenir le mouvement populaire, le Chef d’Etat-Major s’est engagé dans le processus électoral à l’ombre des dispositions constitutionnelles. Mal lui en a pris puisque le pays se trouve maintenant confronté, de fait, à un dépassement de la Constitution.

C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire le discours du 28 Mai du Général Gaïd Salah.

Il n’y a maintenant plus que deux voies possibles : soit la prise de pouvoir directe par l’armée envers et contre tous, soit l’ouverture d’un dialogue avec la classe politique pour organiser une transition politique.

Si le pouvoir, à travers le Chef de l’Etat-Major, n’a plus de choix politiques sinon de céder sur l’essentiel, il reste que, conformément aux traditions du pays, il a besoin de garder la face.

C’est ainsi que l’utilisation des termes « transition » et « négociation », est rejetée dans la forme, alors que dans le réel, c’est bien de cela dont il s’agit.

L’armée, dont le rôle est nécessaire dans l’accompagnement du changement de régime, pose tout de même certaines balises : la période « hors Constitution » doit être courte, et devra aboutir à des élections présidentielles. Ensuite, c’est au Président légitimement élu qui aura à engager les grandes réformes institutionnelles.

L’opposition, quant à elle, est dans une position délicate. Prise en étau entre la radicalité et l’impatience des uns et la puissance d’action du pouvoir, elle doit trouver le juste milieu pour faire aboutir les revendications du Hirak tout en donnant à l’armée les assurances que le pays ne rentrera pas dans une phase de désordre.

L’opposition doit rester fidèle au Hirak en aidant le régime à s’en aller.

Une erreur de positionnement ou une méprise sur les intentions des uns et des autres ou sur les rapports de force, peuvent pousser l’Etat-Major vers des décisions extrêmes qui seront à l’évidence préjudiciables pour tous.
Dans les moments de crise profonde, la sagesse doit primer sur les intérêts partisans.

Le ministère de la Justice a annoncé, ce mercredi 29 mai, avoir instruit les « services spécialisés pour l’ouverture d’une enquête approfondie concernant les circonstances de décès du défunt Kamel Eddine Fekhar ». Dans la matinée d’hier mardi, le militant des droits de l’homme est décédé à l’hôpital Frantz Fanon à Blida où il a été transféré en urgence. Son avocat a dénoncé un acharnement et une « mort programmée ». Sa mort a suscité de nombreuses réactions en Algérie et à l’étranger.

La France a réagi, ce mercredi 29 mai, au décès du militant des droits de l’homme, Kamel Eddine Fekhar. « La France a appris avec préoccupation le décès le 28 mai 2019 de M. Kamal Eddine Fekhar, défenseur algérien des droits de l’Homme, suite à une grève de la faim. Il était emprisonné depuis le 31 mars dernier », a répondu le ministère français des Affaires étrangères à une question lors d’un point de presse. « La France exprime ses condoléances à sa famille et réitère son attachement à la liberté d’expression partout dans le monde », a ajouté la même source.